Sophrologie : quels inconvénients à connaître avant de se lancer ?
Par SARAH RATTANA
TEMPS DE LECTURE : 4 minutesAssociée au bien-être, la sophrologie est largement plébiscitée par le grand public et accompagne de nombreux maux du quotidien. Mais cette discipline peut-elle convenir à tous ? Bien que dénuée d’effets secondaires et facilement accessible, la pratique peut ne pas être adaptée à toutes les situations. Limites, contre-indications, risques : ce qu’il faut savoir des inconvénients de la sophrologie avant de se former.
La sophrologie est-elle adaptée à tout le monde ?
La sophrologie est une méthode douce, associant mouvement et respiration. Son objectif est d’offrir un état physique et mental relaxé et restaurer un équilibre entre corps et esprit. La technique est simple, sans effets secondaires, et accessible dès l’âge de 6 ans environ. Pour profiter pleinement des bienfaits d’une séance, trois prérequis sont cependant indispensables. Pour commencer, la personne doit être en mesure de comprendre et de suivre les indications du sophrologue. Une implication volontaire dans la démarche est ensuite nécessaire. En effet, le travail ne s’arrête pas aux séances. Des exercices réguliers, effectués en autonomie, permettent d’ancrer les résultats obtenus, exigeant ainsi une certaine motivation de la part du pratiquant. Enfin, la sophrologie suppose une ouverture d’esprit aux approches psychocorporelles. Sans cela, difficile de participer pleinement aux exercices et de se détendre pendant les sessions.
La sophrologie peut-elle avoir des contre-indications ?
Le recours à la sophrologie n’est pas indiqué chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères et non stabilisés. La schizophrénie, la paranoïa ou les crises de délires aigus sont des contre-indications à la pratique. D’une façon générale, elle est déconseillée aux personnes présentant des affections mentales sans l’avis d’un médecin psychiatre.
Parallèlement, chez la femme enceinte, l’accompagnement doit être adapté : les exercices de respiration nécessitent de prendre en compte les modifications physiologiques entraînées par la grossesse.
Quels sont les risques liés à une mauvaise pratique ?
De l’absence de résultats à l’aggravation des troubles, les risques liés à une mauvaise pratique de la sophrologie existent. Cependant, la plupart du temps, ils ne sont pas liés à la technique en elle-même, mais plutôt au manque de compétences du praticien. Le choix d’un sophrologue ayant suivi une formation complète est indispensable pour éviter les écueils du charlatanisme. Un bon praticien ne propose jamais d’arrêter un traitement conventionnel et n’établit pas de diagnostic. Enfin, une séance de sophrologie ne se substitue pas à une consultation chez un psychologue.
Quels sont les freins à l’apprentissage et à la maîtrise de la sophrologie ?
L’apprentissage de la sophrologie requiert de la rigueur et de la pratique. Le manque de temps et de régularité des apprenants peut constituer un frein à la maîtrise de cette discipline. Outre la connaissance des techniques de relaxation, la sophrologie implique d’acquérir une excellente compréhension des sensations corporelles. Cette dernière est nécessaire pour guider efficacement les pratiquants. Par ailleurs, certains élèves en formation peuvent rencontrer des difficultés à intégrer la posture d’accompagnant. Devenir sophrologue demande un solide sens de l’écoute, de l’empathie, de la bienveillance et de la pédagogie. L’adaptabilité est le maître-mot pour des séances qui respectent les individualités et les attentes des participants tout en restant dans un cadre déontologique.
La sophrologie est-elle rentable pour un professionnel de l’accompagnement ?
En 2023, le chiffre d’affaires annuel moyen d’un sophrologue exerçant en libéral était de 29 125 € charges non déduites (source : UNASA). De 20 € la séance de groupe à 65 € la séance individuelle, le sophrologue assure ses revenus en se constituant une clientèle régulière. D’après la Chambre syndicale de la sophrologie, de nombreux praticiens fournissent des prestations complémentaires à la sophrologie (méditation, hypnose, coaching…). Proposer cette discipline dans le cadre d’une activité d’accompagnement peut représenter une véritable plus-value. Les bénéfices de cette stratégie dépendront cependant de la qualité de la formation suivie, du positionnement professionnel du praticien, de ses compétences en communication, mais aussi de la concurrence locale.
La sophrologie et les attentes des clients : peut-elle tout résoudre ?
La sophrologie n’est pas une solution miracle. Elle accompagne et soulage certains maux, mais elle ne guérit pas à elle seule. Chez une personne présentant une dépression sévère, par exemple, elle va s’attacher à réduire l’anxiété afin d’améliorer la qualité de vie. Cet accompagnement ne se substitue en aucun cas au traitement médicamenteux et au suivi psychiatrique. L’état de relaxation engendré par l’usage de la sophrologie a pour objectif d’atténuer des aspects négatifs d’une maladie. Or, les clients peuvent nourrir des attentes irréalistes, ce qui entraîne déception et frustration. Le praticien se doit de poser un cadre clair dès le départ sur ce que la sophrologie peut apporter et sur ce qu’elle ne peut pas faire.
Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.
FAQ
Existe-t-il des alternatives plus efficaces selon les problématiques ?
La thérapie comportementale et cognitive (TCC) accompagne avantageusement les troubles anxieux. L’hypnose, quant à elle, est une excellente méthode pour travailler sur les phobies, tandis que la méditation pleine conscience peut constituer une bonne approche dans la gestion du stress. Il existe de nombreuses alternatives adaptées à chaque problématique.
La sophrologie est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ou les mutuelles ?
La sophrologie n’est pas une pratique médicale reconnue. Par conséquent, la Sécurité sociale ne prend pas en charge les séances. Cependant, certaines mutuelles remboursent les séances de sophrologie.
Quels critères vérifier avant de choisir une formation en sophrologie ?
Une bonne formation doit permettre une pratique éthique, solide et professionnelle. Avant de sélectionner une école de sophrologie, il est important de vérifier le sérieux de l’organisme de formation, la durée et le contenu du cursus, ainsi que les modalités de l’encadrement pédagogique. Consulter les avis d’anciens stagiaires est pertinent.
Quels critères vérifier avant de choisir un sophrologue ?
Formation, expérience professionnelle et spécialités proposées sont les premiers éléments à prendre en compte pour choisir son sophrologue. Ensuite, un bon praticien est à l’écoute et bienveillant. Il est indispensable de se sentir en confiance avec lui pour profiter du bienfait des séances. Les avis et recommandations peuvent également être consultés.